Avant le film - La lutte des ouvriers

ENRIQUE GARAGIOLA a la cinquantaine et est président de la coopérative. Il a occupé un rôle capital pendant la période de la lutte pour l'expropriation. Il passait son temps entre Bahia Blanca et Buenos Aires. Là-bas il a frappé à toutes les portes et quand on ne lui ouvrait pas « il entrait par la fenêtre ». Il a connu toutes les instances du pays, s'est plongé dans le droit pour pouvoir obtenir l'expropriation. Expressif, voire émotif, il a les larmes aux yeux quand il raconte. Il se souvient aussi de ce jour où la police était là pour les expulser, et qu'ils ont rebroussé chemin face aux bouchers en tenue, le couteau à la ceinture, prêts à en découdre... Aujourd'hui Enrique ne travaille plus à la chaîne et est en charge de l'achat des animaux. Il se rend chaque semaine dans diverses haciendas pour choisir les meilleurs vaches. Dans son pick-up rouge étincelant, un fusil est caché sous le siège car il est aussi chasseur. Mais la réelle passion d'Enrique, c'est les courses de chiens, auquel il fait participer ses champions, et j'ai retrouvé avec lui un peu l'ambiance bon enfant du film Bonbon El perro de Carlos Sorin.

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